Photos et cartes postales

Le pont Carnot sur le Rhône (v. 1910)

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Éditeur : Pittier, AnnecyN° de carte : 822
Commune : Collonges-Fort-l'Ecluse (01)Lieu-dit : Pont Carnot

L'histoire mouvementée de cet ouvrage posé sur le Rhône à proximité du Fort l’Ecluse commence dès 1860, avec le rattachement de la Savoie à la France, et les nombreux courriers que les municipalités de la région envoient au gouvernement pour demander la construction d’un pont entre le nouveau département de la Haute-Savoie et l’Ain. Le projet est accepté par l’Etat et les travaux, dirigés par Sadi Carnot, démarrent en 1865. Sur les conseils de Bernard Gay, le maire de Vulbens, l’entreprise chargée du chantier utilise des blocs d’un calcaire d’excellente qualité extrait de la petite carrière de la Foge, située non loin du Rhône sur les flancs du Vuache. Un impressionnant échafaudage de bois est dressé pour réaliser l’arche unique du pont en pierres de taille, d’une longueur de 40 mètres. Ce choix technologique permettait de placer les piles du pont sur les rives et de limiter ainsi les risques lors des fortes crues de ce fleuve pas encore domestiqué par les barrages.

Deux coupures, de part et d’autre du pont, sont aussi imposées par le ministère de la guerre pour permettre une destruction limitée de l’ouvrage en cas de conflit. De conflit justement, il en est question en 1870, lorsque la guerre éclate entre la France et l’Allemagne. Bien vite, l’armée de l’Est est en déroute, poursuivie par les Allemands en Franche-Comté. Le maire de Vulbens reçoit alors l’ordre du gouverneur militaire de Lyon de détruire par le feu l’échafaudage et le pont ! Gros cas de conscience pour Bernard Gay qui préfère finalement tergiverser et attendre plutôt que réduire en cendres cet ouvrage tant espéré de la population. Finalement, la Suisse accepte d’accueillir les 150.000 hommes de l’armée en fuite du général Bourbaki et les Allemands remontent vers Paris, sauvant ainsi sans le savoir le futur pont Carnot de la destruction. La guerre ayant pris fin en 1871, la construction du pont s’achève en 1873, en même temps que le premier tronçon de la nouvelle route dite « de Collonges-Fort l’Ecluse à Thonon ».

Le pont de Collonges – il deviendra le pont Carnot lorsque ce dernier sera élu président de la République – est inauguré en 1874. Il est à l’époque le plus grand pont de ce style en France. Durant des décennies, il sera l’un des maillons essentiels de la communication entre le nord de la Haute-Savoie et la région de Lyon. S’il passe toute la première guerre mondiale sans dommage, il est resté comme le talon d’Achille du plan de libération du canton de Saint-Julien le 16 août 1944. En effet, non gardé par manque d’effectif, ce pont a permis aux soldats allemands venus de l’Ain de lancer une contre-attaque meurtrière au cours de laquelle ils ont incendié les villages de Chevrier, Bloux et Valleiry.

Très fréquenté durant les années d’après-guerre, il a néanmoins perdu son rôle stratégique avec la mise en circulation de l’autoroute des Titans (A 40) en 1990. Après plus de 130 ans de bons et loyaux services, le pont Carnot a bénéficié d’une rénovation complète en 2006.

Cette carte postale montre le pont Carnot vers 1910 ; à l’époque le barrage de Génissiat n’existait pas et le cours du fleuve était plus étroit qu’aujourd’hui.

Autres cartes postales et photo du pont Carnot : carte d’indice 19, carte d’indice 149, carte d’indice 151, carte d’indice 700.

Source P. Droubet et D. Ernst.

Collection G. Lepère.



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